BONBOM SS27
De face, la silhouette BONBOM est fine et nette, presque tracée au crayon. Un quart de tour plus tard, elle prend du volume, et beaucoup. Les vêtements de cette collection Été 2027 jouent sur l’écart entre l’image que l’on croit saisir au premier regard et la forme réelle qui apparaît quand le corps bouge. On tourne autour, on veut vérifier, on sourit.
Ce sourire est voulu. La marque a choisi pour thème le « fétichisme optimiste » et l’aborde avec bonne humeur. Le fétichisme, c’est l’attention portée à une forme, à une matière, à un objet familier, et le regard qui y revient sans cesse. BONBOM garde cette fixation et l’emmène du côté de l’humour, avec une dose d’exagération assumée. C’est une mode qui s’amuse de ses propres obsessions. L’autre grand sujet de la saison, c’est la maille, que BONBOM travaille depuis plusieurs collections et place cette fois au centre de la proposition. Elle est légère, lâche, translucide, un peu comme un filet. La peau se devine à travers, l’air circule, et le tricot se porte comme une seconde peau, ajustée près du corps. La fine frontière entre la peau et le fil rend le corps plus présent.
Du tricot en plein été : l’idée est drôle, et elle fonctionne. La maille évoque d’ordinaire la chaleur et l’abri. BONBOM en fait un vêtement aérien, presque exposé, qui enveloppe le corps tout en le laissant voir. Ce petit renversement donne le ton de toute la collection. Ce que l’on retient, c’est une mode qui aime qu’on la regarde longtemps. Chaque pièce change d’allure selon la distance : de loin elle raconte une chose, de près une autre, comme ces gens à plusieurs facettes que l’on découvre petit à petit. Le plaisir de regarder suffit : se rapprocher, reculer d’un pas, tourner la tête pour voir ce que le profil réserve.
Seen from the front, the BONBOM silhouette is slender and precise, almost drawn in pencil. A quarter turn later it gains volume, and a great deal of it. The garments in this Summer 2027 collection play on the gap between the image one thinks one has grasped at first glance and the real shape that emerges once the body moves. One circles round, wishing to check, and smiles.
That smile is intended. The brand has chosen “optimistic fetishism” as its theme and approaches it in good humour. Fetishism here is the attention paid to a form, a material, a familiar object, and the gaze that keeps returning to it. BONBOM holds on to that fixation and steers it towards humour, with a knowingly overstated touch of exaggeration. It is fashion that amuses itself with its own obsessions. The season’s other great subject is knitwear, which BONBOM has worked on for several collections and now places at the centre of its proposition. The knit is light, loose, translucent, rather like a net. Skin can be glimpsed through it, air circulates, and the piece is worn as a second skin, fitted close to the body. The fine boundary between skin and thread makes the body more present.
Knitwear at the height of summer: the idea is amusing, and it works. Knit usually evokes warmth and shelter. BONBOM makes it airy, almost exposed, wrapping the body while letting it be seen. This small reversal sets the tone for the whole collection. What stays with you is a fashion that likes to be looked at for a long time. Each piece changes character with distance: from afar it tells one story, up close another, like those many-sided people one discovers gradually. The pleasure of looking is enough in itself: moving closer, stepping back, turning one’s head to see what the profile holds.