CELINE SS27
Les Archives nationales ont changé de saison. S’y dressait une cabane blanche coiffée de chaume, façon pavillon de plage, inondée de lumière, et Celine y a présenté son printemps-été 2027 : soixante et onze silhouettes, femmes et hommes mêlés, avançant comme on traverse un jardin.
Ce décor champêtre sied à un créateur qui aime les contrastes. Américain, passé par Balenciaga, puis par Celine à l’époque de Phoebe Philo, puis par Ralph Lauren, Rider a repris le flambeau après le départ de Hedi Slimane. Fondée en 1945 par Céline Vipiana, la maison retrouve ainsi un créateur qui connaît ses codes de l’intérieur. Depuis ses débuts, il croise la rigueur parisienne et la décontraction d’outre-Atlantique, en ajustant le dosage à chaque saison.
Les matières, cette fois, parlent bas mais fort. Le satin joue avec la lumière, le plissé respire, et une minirobe noire couverte de perles accroche l’éclat du jour, tandis que collants opaques et grands cabas ramènent l’ensemble à la vie ordinaire. Côté accessoires, Rider multiplie les pas de côté : lunettes de soleil rondes, cravates très fines, larges ceintures à grosse boucle, sacs tantôt minuscules, tantôt généreux. Les proportions s’autorisent un léger décalage, et le rouge, devenu sa signature, voisine avec des teintes franches.
Derrière ces détails, une idée d’humeur. Rider habille aussi bien les jours de calme que les jours d’effervescence, quand on a envie de se fondre dans l’énergie des autres. Le geste compte autant que la coupe : les pièces s’enfilent avec naturel, se mélangent, se superposent, et chacun garde son aisance. L’élégance se juge ici au mouvement, à la manière de traverser une pièce ou de remonter une rue. Un vêtement peut s’effacer ou prendre la parole, selon le jour. L’éclat assumé cohabite avec des tenues qui font simplement leur métier.
Les deux garde-robes font cause commune. Elles s’inscrivent dans le sillage du premier défilé exclusivement masculin de Rider, donné au Tennis Club de Paris, où le rouge avait déjà fait sensation. Femmes et hommes se côtoient dans un même défilé, à égalité, et la maison y gagne un tempo de conversation.
Le défilé s’ouvrait sur la voix de Dorian Corey, figure de Paris Is Burning, le documentaire culte sur les bals new-yorkais : un bravo adressé à celui dont la flèche file très haut. Le message résonne dans les vêtements, où l’élégance vise grand et s’amuse en chemin.
Rider élargit le terrain de jeu. La maison laisse cohabiter des allures opposées, et l’on sent qu’elle s’en réjouit. Ces silhouettes, portables et pourtant pleines de surprises, donnent envie de les enfiler dès les premiers beaux jours. Le pari tient dans l’équilibre : un vestiaire exigeant, mais ouvert à tous les vents. Le chaume au-dessus des têtes avait valeur de programme : sous cet abri, le chic reçoit le soleil et se laisse ébouriffer.
The Archives Nationales have changed season. Inside stood a white hut crowned with thatch, somewhere between beach pavilion and garden folly, flooded with light. Here Celine presented its Spring/Summer 2027 collection: seventy-one silhouettes, women and men together, moving the way one moves through a garden.
This pastoral setting suits a designer who likes contrasts. An American who has worked at Balenciaga, at Celine in the Phoebe Philo years, and at Ralph Lauren, Rider took up the torch after the departure of Hedi Slimane. Founded in 1945 by Céline Vipiana, the house thus finds a designer who knows its codes from the inside. Since his earliest collections he has crossed Parisian rigour with transatlantic ease, adjusting the balance each season.
The materials, this time, speak softly and are heard all the same. Satin plays with the light, pleats breathe, and a black mini dress covered in beads catches the glare of the day, while opaque tights and generous totes bring the whole back to ordinary life. In accessories, Rider keeps stepping sideways: round sunglasses, very thin ties, wide belts with heavy buckles, bags by turns tiny and capacious. Proportions allow themselves a slight offset, and red, by now his signature, sits beside other bold, unhedged shades.
Behind these details lies an idea of mood. Rider dresses the quiet days and the livelier ones alike, those days when one wants to dissolve into other people’s energy. The gesture matters as much as the cut: pieces are pulled on without effort, mixed, layered, and everyone keeps their ease. Elegance is judged here in motion, in the way one crosses a room or walks up a street. A garment can recede or speak up, depending on the day. Open flamboyance sits alongside outfits that simply do their job.
The two wardrobes make common cause. They follow Rider’s first menswear-only show, held at the Tennis Club de Paris, where red had already caused a stir. Women and men now share a single runway, on equal terms, and the house gains the tempo of a conversation.
The show opened with the voice of Dorian Corey, a figure of Paris Is Burning, the cult documentary on New York’s ballroom scene: a bravo for the one whose arrow flies very high. The message carries into the clothes, where elegance aims high and enjoys itself along the way.
Rider widens the playground. The house lets opposing attitudes live side by side, and one senses it takes pleasure in this. These silhouettes, wearable yet full of surprises, make you want to put them on with the first warm days. The wager rests on balance: a demanding wardrobe, yet open to every wind. The thatch overhead worked as a manifesto: beneath this shelter, chic receives the sun and lets itself be tousled.