GUNDI STUDIOS

Peggy Guggenheim collectionnait les œuvres avec la même gourmandise que les rencontres. Gundi Studios lui emprunte cet appétit pour une collection née à l'heure trouble où la fête s'achève sans vraiment finir. L'esprit vient de là, mais l'essentiel se joue dans la matière.

Tout commence dans les dunes du Kutch, où les jupes sont nouées à la main, point après point, avant d'être teintes. Cette technique ancestrale laisse sur le tissu des constellations de petits motifs, là où le fil a retenu la couleur. Gundi Studios ne les laisse pas à nu : de l'organza transparent, brodé de perles, vient les recouvrir. Le voile se comporte comme un nuage. Il filtre les dessins, les adoucit et les laisse affleurer, créant un volume léger et une profondeur inattendue. À ce socle répondent deux soies qui n'ont rien en commun. La Chanderi, tissée à la main le long de la Narmada, apporte la fluidité et un tombé délicat. La soie Eri, tricotée à la main dans l'Himalaya, joue un tout autre registre : une maille irrégulière, texturée, teinte avec des plantes cueillies dans le paysage même. L'une glisse, l'autre a lccroche. Réunies dans une même collection, elles dessinent deux manières de faire du fil un vêtement.

Le parti pris de la collection tient dans ces rencontres. Nouer, tisser, tricoter, perler : des gestes nés dans des régions différentes se retrouvent sur une même pièce, sans chercher à se fondre. Les couches se superposent, les textures se contredisent, le transparent côtoie le dense, l'ornement s'invite sur le quotidien. À distance, on croit lire une silhouette simple. De près, on découvre plusieurs ouvrages qui se disputent l'attention, et c'est cette complexité qui donne aux pièces leur caractère. Le résultat est volontairement excessif, tendre et un peu indiscipliné. Les volumes débordent, les superpositions ne cherchent aucune symétrie et la main reste visible partout, dans l'irrégularité d'un nœud comme dans la teinte d'une maille.

Ces vêtements sont faits lentement, et cela se voit. Chaque point garde la trace du territoire dont il vient, des mains qui l'ont exécuté et des générations de savoir-faire qui l'ont précédé. Les artisans sont ici des artistes à part entière, ce que la maison revendique sans détour, dans l'esprit des grandes mécènes qui soutenaient ceux qu'elles collectionnaient.

Photos @Augustin Granger

Peggy Guggenheim collected art with the same appetite she brought to meeting people. Gundi Studios borrows that hunger for a collection conceived in the uncertain hour when the party ends without quite ending. The spirit comes from there, but what matters is in the material.

Everything begins in the dunes of Kutch, where skirts are knotted by hand, knot by knot, before being dyed. This ancestral technique leaves constellations of tiny motifs on the cloth, wherever the thread has held back the colour. Gundi Studios does not leave them bare. A sheer organza, embroidered with beads, settles over them. The veil behaves like a cloud: it filters the patterns, softens them and lets them surface, creating a light volume and an unexpected depth. Two silks with nothing in common answer this foundation. Chanderi, woven by hand along the Narmada, brings fluidity and a delicate drape. Eri silk, hand-knitted in the Himalayas, plays in an altogether different register, with an irregular, textured knit dyed with plants gathered from the very landscape. One glides, the other catches. Brought together in a single collection, they trace two ways of turning thread into clothing.

The collection's premise lies in these encounters. Knotting, weaving, knitting, beading: gestures born in different regions meet on a single piece, with no attempt to blend. Layers overlap, textures contradict one another, the sheer sits beside the dense, ornament intrudes upon the everyday. From a distance, one reads a simple silhouette. Up close, several crafts compete for attention, and it is this complexity that gives the pieces their character. The result is deliberately excessive, tender and a little undisciplined. Volumes spill over, the layering seeks no symmetry, and the hand remains visible everywhere, in the irregularity of a knot as in the shade of a knit.

These garments are made slowly, and it shows. Each stitch carries the trace of the territory it comes from, of the hands that made it and of the generations of know-how that came before. The artisans are artists in their own right, a claim the house makes openly, in the spirit of the great patrons who supported those they collected.

Photos @Augustin Granger

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